Une histoire de famille en Haute-Savoie

Il y a 100 ans, mon arrière grand –mère Irénée ouvrait son Hôtel-Restaurant « les Négociants » à la place de l’actuel Atelier du Corps.

Après de nombreuses hésitations, une envie s’est confirmée dans mon cœur, je me lance en 2017 dans le projet passionné de donner une seconde vie à ce lieu mythique qui a bercé les récits de mon enfance.

Si Irénée revigorait les maquignons de sa cuisine maison, qu’à cela ne tienne je soignerai à ma manière les gens, en leur transmettant ma passion pour le fonctionnement du Corps physique, émotionnel et spirituel.

Merci Irénée ( Photo : Hôtel Restaurant Les Négociants, Quartier Mandallaz années 50.)

Je m’appelle Dorothée, je suis l’arrière petite fille d’Irenée et François Missillier, négociant en bestiaux du Grand-Bornand, descendus « à la ville » au début des années 20 pour construire l’Hôtel Restaurant « les Négociants ».

Les années 20, une autre époque...

Pendant 40 ans, Irénée régale les papilles des « maquignons » (négociants en bestiaux) venant des quatre coins de la France pour acheter du bétail au marché réputé de la Mandallaz et le porter aux abattoirs au bout de la place.

Le café des Négociants est alors un lieu de vie et de partage dans lequel les personnes viennent chercher des sourires et de la joie.

Naissance de l'Atelier du Corps

En 2012, après des changements de gérance, l’activité du café prend fin et les murs s’endorment.En 2017, une grosse période de chantier s’amorce et l’Atelier du corps ouvre finalement ses portes en juin 2017. La vie reprend entre les murs, le pari est relevé !

Mon arrière grand-père maquignon, place de la Mandallaz.

2025 Le retour des voix, des rires et du café

 

En 2024, alors que l’Atelier du Corps s’est solidement ancré dans le paysage annécien avec ses deux salles, ses dizaines d’enseignants et une énergie humaine sans relâche, quelque chose me manque. Ce quelque chose, c’est l’âme du lieu. Celle qui, jadis, faisait vibrer la cuisine d’Irénée, où l’on s’attablait entre rires et discussions animées, entre un café fumant et une omelette du marché.

Depuis quelque temps, l’idée d’un vrai lieu de vie ne me quitte plus. Pas juste un lieu de passage, mais un espace où l’on prend le temps, où l’on se retrouve, où les voix se mêlent aux odeurs de café chaud et à la lumière du matin. Un lieu pour les habitants du quartier, pour les professeurs, les élèves, les curieux, les amis.

C’est à ce moment-là que la vie fait sa magie. Je croise régulièrement Lola et Julia, deux femmes pétillantes qui tiennent un petit café en centre-ville. Un jour, dans un élan spontané, je leur propose de venir s’installer ici. Elles sourient, me confient qu’elles songent justement à tourner une page, que leur lieu est sur le point d’être mis en vente, discrètement. Elles visitent l’Atelier, s’imprègnent des murs, de l’histoire… et c’est le coup de foudre. Le projet résonne.

Grâce à la sensibilité d’Hélène Doherty, leur architecte inspirée, l’ancienne salle est transformée avec finesse et respect. Le vieux carrelage d’époque est remis à l’honneur, les corniches retrouvent leur éclat, la mémoire du lieu refait surface.

Et le plus beau clin d’œil : le nom. « Les Négociantes ». En hommage à Irénée, bien sûr, et à toutes les femmes qui nourrissent les corps et les âmes.
En juin 2025, les portes du café s’ouvrent, la vie revient sur la place. On y croise des élèves, des profs, des passants, des voisins. On y boit un café, on y partage un mot, un rire, une idée.

Le cercle est bouclé. Irénée serait fière.